Les origines du concept

Les Écoles de la 2e Chance sont l’une des initiatives européennes proposées dans le Livre Blanc « Enseigner et apprendre : vers une société cognitive », présenté par Madame Édith CRESSON (Commissaire européen chargée de la recherche, de l’éducation et de la formation) lors du sommet des Chefs d’État de Madrid de décembre 1995, puis adopté par les Ministres de l’Éducation des États Membres de l’Union Européenne. Le projet de bâtir des Écoles de la 2e Chance était inscrit parmi les cinq objectifs transversaux identifiés par le Livre Blanc, « Lutter contre l’exclusion ».

Toutes les initiatives proposées par ce Livre Blanc partent du constat selon lequel les mutations des sociétés européennes, qu’elles soient technologiques, économiques ou sociales, appellent de nouvelles compétences qui s’expriment par des capacités individuelles d’adaptation de plus en plus importantes. Face à ce constat, la Commission Européenne préconise « d’investir dans l’intelligence pour que chaque individu construise sa propre qualification ».

Les Écoles de la 2e Chance sont l’un des outils proposés par la Commission pour investir dans l’intelligence et réduire le nombre de jeunes n’ayant pu accéder à des études ou à une formation.

En mars 2000, lors du Conseil Européen de Lisbonne, les Chefs d’États et de Gouvernements ont invité les quinze États membres de l’Union à « réduire de moitié, d’ici 2010, le nombre de personnes de 18 à 25 ans n’ayant accompli que le premier cycle de l’enseignement secondaire et ne poursuivant pas leurs études ou leur formation ». Mais la caractéristique forte de ce dispositif est de se concentrer sur des franges de la population particulièrement fragilisées : de jeunes adultes, sortis sans diplôme des systèmes d’enseignement traditionnels et qui doivent, aujourd’hui, faire face à des difficultés sociales et humaines marquées.

Le Livre Blanc énonce notamment trois grands principes sur lesquels les Écoles de la 2e Chance fondent leur fonctionnement :
le premier est de faire plus pour tenir compte de leur situation sociale et de leur sentiment d’exclusion,
le deuxième est d’associer dès le départ les entreprises à l’effort de formation, en particulier de formation professionnelle ;
le troisième, enfin, est d’utiliser des pédagogies actives facilitant la mise en action plutôt que l’apprentissage passif.

En France, les Écoles de la 2e Chance qui se développent depuis l’an 2000, à partir de l’expérience menée à Marseille, se sont construits autour d’une Charte des Principes qui s’inscrit dans la continuité des principes contenus dans le livre blanc de la Commission Européenne.

Aujourd’hui, le Réseau E2C France est un « réseau d’experts » sur 4 activités principales :
Faire évoluer la Charte des Principes qui structurent les Écoles de la 2e Chance en France et les principes de labellisation qui en découlent, gérer la marque « École de la 2e Chance » et son label,
Évaluer et valider le parcours du jeune sur la base de l’Attestation de Compétences Acquises,
Mutualiser et échanger sur les pratiques pédagogiques, rencontres de jeunes et de formateurs,
Participer au développement des Écoles de la 2e Chance sur le territoire via des études de faisabilité et/ou d’accompagnement de membres associés.

En 2009, le Réseau E2C France s’est inscrit dans un nouveau paysage institutionnel, en effet, l’article L 214 14 du Code de l’Éducation (Loi 2007-297 du 5 mars 2007) et son décret d’application (n° 2007-1756 du 13 décembre 2007) concernant les Écoles de la 2e Chance, a témoigné de la volonté du législateur de soutenir et d’institutionnaliser le dispositif.

Télécharger l’article L 214.14 du Code de l’Éducation et son décret d’application.

Télécharger le guide pour l’essaimage du dispositif : 0801 Etude sur l’essaimage